Les entrepreneurs qui ont fait les Savoie
 

Louis Carpano
est né à Valle Mosso, dans le Royaume de Piémont-Sardaigne. Il arrive à Cluses en 1851 à dix-neuf ans car il fait ses études à l’École Royale d’horlogerie, créée trois plus tôt par Victor-Emmanuel II de Savoie. À la sortie de ses études, il travaille tout d’abord pour Patek-Philippe. Puis, il revient à Cluses vers 1860 et il y perfectionne le procédé de fabrication de la fraise à dentures des roues d’horlogerie. Elle est présentée avec succès à l’Exposition Universelle de Paris de 1867. Il devient industriel dès 1868 et il produit avec Monsieur Jacotet des roues et fraises de précision ainsi que des machines à tailler sous le nom « Fabrique de roues et fraises Louis Carpano ». Il fait installer par la compagnie électrique de Genève une turbine hydroélectrique de 50 chevaux. L’éclairage public de la ville de Cluses est alors alimenté par cette turbine. En 1902, il laisse son entreprise à son neveu Constant Carpano. Ce dernier diversifie les productions. L’usine travaille durant la première guerre mondiale pour la défense nationale. Louis Carpano décède en 1919. En 1923, l’entreprise emploie 124 salariés. Mais Constant Carpano décède en 1927 et son gendre Charles Pons prend alors la tête de la société.  Charles Pons est un entrepreneur visionnaire. Dès 1939, il crée un bureau d’études au sein même de l’entreprise. Ce bureau lance pendant la seconde guerre mondiale un rasoir électrique, les moulinets de pêche « Mitchell », les taxiphones, une fixation de ski… À la fin des années 1960, la société Carpano et Pons emploient 2 000 personnes, réparties sur 9 sites industriels. Paul Tairraz, président de la holding conduit à partir de 1968 une politique de cohérence et de développement, dès 1970, les objectifs sont atteints : le groupe exporte dans 70 pays et son effectif atteint 2 800 personnes.  Mais les difficultés rencontrées notamment par sa filiale M
itchell fragilise le groupe. En 1977, la direction est confiée à la famille du fondateur, Jean-Charles Carpano et son cousin Claude, la conjoncture des années 1980 les incite à un retrait progressif par la vente des usines. C’est ainsi que Somfy est cédée à Damart en 1984, Sibel à Eaton en 1987, Sofycom à Pouyet en  1988 et Mitchell à Johnson Worldwide en 1992. L’entreprise disparait peu à peu.