Les entrepreneurs qui font les Savoie

Photo de Lucien et Jamy Tivoly

 

Lucien TIVOLY
est né en 1888 à Paris. Il fait ses études à Berlin. Il retourne à Paris avec, en poche, le brevet du "bec renversé" indispensable à l'éclairage au gaz tel qu'il existait à l'époque. Cette belle invention fut rapidement balayée par la fée "électricité".

Mobilisé pendant la première guerre mondiale, il est affecté, en 1916, aux Aciéries d'Ugine dont l’activité est dédiée à la fabrication d’armement. L'autorité militaire avait organisé le déplacement vers le Sud de la France des usines d'armement du Nord pour les mettre à l'abri d'une main-mise éventuelle des Allemands.

Pour fabriquer des armes, l'utilisation d'outils de coupe était indispensable. En raison de leur pénurie, Lucien Tivoly propose à l’autorité militaire un projet de création en Savoie d'une unité de production d’outils coupants. Ce projet a été accepté et Lucien Tivoly a obtenu une permission spéciale. Il est allé acheter ses premières machines en Angleterre et s'est établi à Tours-en-Savoie pour démarrer son entreprise, la Manufacture Française de Mèches Américaines à Tours-en-Savoie, en novembre 1917.

Il capte et équipe le torrent de Tours-en-Savoie qui lui donne la force motrice, ce qui permettra ultérieurement l'éclairage du village.

L’armistice de 1918 provoque une crise créée par la transformation d'une économie de guerre en économie de paix. Un moratoire fut décrété en 1920 pour permettre le redémarrage de l'industrie. TIVOLY part à la conquête de nouveaux marchés tels que l’industrie automobile ou l’aviation. La clientèle, alors principalement régionale, est constituée de quincailliers ou d’usines.

L'entreprise traverse la seconde guerre mondiale grâce à sa clientèle régionale. Lucien Tivoly s’emploie, pendant cette période, à protéger son personnel contre l’occupant. Il fut lui-même arrêté par la Gestapo. À la libération, Lucien TIVOLY a distribué à son personnel les bénéfices de guerre.

En 1945, Lucien Tivoly est victime, avec son épouse, d’un grave accident d’automobile. Et cet accident survient alors que la famille est déjà éprouvée par la mort accidentelle de leur fils unique, Edouard, en 1939.

Jean-Michel Tivoly, dit Jamy, est élevé par sa mère remariée avec un Britannique en charge de la B.A.T. au Caire. Jamy rentre en France en 1955 à la suite des tensions qui régnaient entre NASSER et la France. Il a passé toute sa jeunesse à l’étranger et est immédiatement attiré par la Savoie. Son grand-père le prépare à sa succession.

Au décès de Lucien Tivoly survenu en mai 1961, Jamy se trouve à 23 ans à la tête d’une société d’une quarantaine de salariés. Il va profiter de la longue période de croissance de l’économie française pour la développer : en élargissant ses gammes et ses marchés et en se diversifiant notamment dans le secteur du bricolage. En 1979, la société s’agrandit par croissance externe en rachetant plusieurs sociétés. Elle s’internationalise également et s’implante aux USA et en Espagne puis en Chine, en Grande-Bretagne et tout récemment au Mexique. Elle est introduite à la Bourse de Lyon (maintenant EURONEXT à Paris). Le groupe TIVOLY réalise un chiffre d’affaires de l'ordre de 70 Millions d’Euros et emploie environ 590 collaborateurs sur 3 continents et 8 sites.
Photo représentant Jamy Tivoly