Les entrepreneurs qui font les Savoie
   

Marc VEYRAT
est issu d’une famille de paysans savoyards. Il passe son enfance à Manigod, dans la ferme de ses parents qu’ils ont aménagés en chambres et tables d’hôtes. C’est le creuset où il forme son palais. Il apprend à reconnaître aux côtés son grand-père herbes aromatiques. En 1978, il ouvre avec sa sœur Marie-Ange Veyrat sa première auberge, La Croix Fry à Manigod, le lieu de leur enfance. En 1985, il ouvre l’Eridan, restaurant traditionnel à Annecy le Vieux. Ce restaurant est exploité aujourd’hui par sa fille Carine sous le nom de La Reine des Prés. Il y obtient sa première étoile du Guide Michelin en 1986. En 1989 et 1990, il est élu « meilleur cuisinier de l’année » par Gault et Millau. En 1992, Marc Veyrat créé L’Auberge de l’Eridan à Veyrier-du-lac. Marc Veyrat est autodidacte. Or c’est le temps de la reconnaissance, la prestigieuse troisième étoile du Guide Michelin lui est décernée en 1995, ainsi que le titre de « Chef de l’année ». L’année suivante, il est nommé « meilleur chef » par le Wine Spectator, le célèbre guide culinaire qui fait figure de référence aux Etats-Unis. En 1999, Marc Veyrat ouvre une autre auberge à Megève, la Ferme de mon père, réplique de la ferme traditionnelle savoyarde de son enfance. Sa particularité est sa créativité. Il innove dans l’utilisation des techniques de gastronomie moléculaire, il allie les traditions du terroir, et les techniques de cuisine moderne, remplaçant le beurre, la farine, l’huile et les crèmes par des plantes aromatiques qu’il récolte près de chez lui. Il les travaille en faisant des jus de cuisson, des bouillons de légumes, des infusions de plantes. Il utilise également des méthodes de cuissons novatrices, comme sa cuisson à très basse température par -40°C à l’azote libre. En 2000, Gault-Millau lui décerne la « Toque d’exception », et en 2001, La Ferme de mon père reçoit trois étoiles au Guide Michelin. Marc Veyrat entre alors dans le cercle très fermé des cuisiniers qui ont reçu deux fois trois étoiles au Guide Michelin, au côté d’Eugénie Brazier, en 1933, et d’Alain Ducasse, en 1996. En 2006, un terrible accident de ski le diminue beaucoup. Il vend La Ferme de mon père. Et pendant trois ans, il tente de tenir sa cuisine. Mais il doit arrêter. La renaissance s’opère à l'été 2013, lorsqu'il ouvre la Maison des Bois, sur le col de la Croix-Fry, petit clin d’œil à ses débuts. En début 2015 le restaurant brûle, mais le grand chef est combattant et  la Maison des Bois va rouvrir très prochainement.