La fabuleuse histoire des Savoie

Une histoire millénaire

Le château des Ducs de Savoie

L’histoire des PAYS DE SAVOIE est longue. Toutefois si les temps très anciens sont mal connus, quelques vestiges très intéressants et bien conservés ont été retrouvés aux bords des lacs alpins.  Mais pour le reste des populations des grands massifs, force est de se contenter de quelques documents officiels et de références passagères de chroniqueurs ou d’historiens le plus souvent extérieurs et étrangers.

Par contre, dès le Xe siècle les sources historiques nous relatent avec précision les  évolutions du territoire et de la Maison de Savoie. Humbert Ier aux Blanches Mains et ses fils et petits-fils, ont jetés les premiers fondements d’un état à cheval sur les deux versants des Alpes, contrôlant progressivement les passages Alpins. D’où leur surnom de Portiers des Alpes.

Cet état de Savoie a toujours dû lutter pour survivre aux ambitions de ses puissants voisins. 

Ambitieux et malins, jouant des mariages et des traités, les comtes devenus successivement ducs (dès 1416), rois de Chypre et de Jérusalem (dès 1432) avant de se faire reconnaître rois de Sicile en 1713 , puis de Sardaigne en 1716 et rois d’Italie en 1861 et même empereurs d’Ethiopie en 1936. Mais cette dernière reconnaissance leur fut fatale.

Des souverains habiles… mais qui au final n’ont pas su préserver leur territoire de Savoie:
Les archives locales nous montrent des souverains modernes qui, quoique fermés aux principes des Lumières, ont su faire des réformes dont on a pu dire qu’elles auraient pu et dû éviter au pays les tracas de la Révolution. La Savoie a suscités des commentaires contradictoires. Vu de l’extérieur et surtout du côté français, il n’est qu’un des petits états italiens, plus portés sur de somptueux décors que sur une grande politique…Pourtant ces personnalités sont généralement de bons diplomates et de bons organisateurs.

Et la Savoie est finalement la seule province française qui ait conservé aussi longtemps (près d’un millénaire) des princes aussi habiles.

Mais à la différence de ses voisins lotharingiens (Benelux et Suisse), elle n’a pas pu rester indépendantes, perdue justement par ces mêmes princes qui avaient pourtant été à l’origine de sa puissance.

Les premiers développements économiques et commerciaux de la Savoie :

Aux Xe et XIe siècle apparaissent les premiers monastères. Les Bénédictins « à la robe noire » d’Aulps, d’Abondance et de Hautecombe et les Cisterciens « à la robe blanche », et aussi les Chartreux du Reposoir et de Chartreuse. Ils furent suivis des Dominicains et des Franciscains. Tous furent source de culture, de piété et aussi ce sont eux qui favorisèrent le défrichement et la métallurgie. Ils valorisèrent aussi les premières voies commerciales, surtout celle du textile en reliant l’Italie à la Flandre par les cols du Mont Cenis et des Petits et Grands Saint Bernard. Les premières villes, les premières Provinces et les premières élites sont nées de ce dynamisme. Tant et si bien que le petit état ce fait connaître  progressivement de ses voisins. Un premier apogée est ainsi atteint avec Amédée VIII, le premier Duc, qui s’entend avec le Dauphiné, s’infiltre à Genève, ouvre sa cour aux arts et se fait nommer pape sous le nom de Félix V.

Des voisins turbulents pour la Savoie:

Hélas, le XVe siècle amène la décadence. Louis XI de France domine ouvertement la famille de Savoie et il accroît les divisions des princes et des nobles. La crise éclate au XVIe siècle avec l’invasion de la Savoie et du Piémont par les français qui vont y rester une génération et prendre bientôt le goût d’y revenir. La réforme protestante sépare Genève et le pays de Vaud de la Savoie entrainant aussi dans la sécession le Valais pourtant resté catholique.

Réorganisation du territoire de Savoie : En 1559, le duc Charles Emmanuel réorganise ses états et il transfert sa capitale de Chambéry à Turin où il installe la fameuse relique du Saint Suaire. Il le fait aussi par peur de voir la capitale de l’état tomber aux mains des Français. De ce fait la Savoie n’est plus le centre de l’État savoyard.

Les Princes de Savoie ont été visionnaires :
Emmanuel Philibert entre 1560 et 1575 fut le premier en Europe à avoir l’idée d’un recensement nominal de ses sujets et d’une conscription militaire obligatoire. Un siècle plus tard, Victor-Amédée II supprime les privilèges fiscaux de la noblesse et du clergé, en cadastrant toutes les propriétés de ses états et en « étatisant » les institutions d’enseignement. Son fils Charles-Emmanuel III, s’appuie sur une bureaucratie centralisée alors que le dernier roi l’Ancien Régime, Victor Amédée III dote le pays d’un efficace système routier et d’un prometteur réseau industriel.

La Savoie française :

La Savoie est la seule province française entrée par votation dans le giron nationale. Elle découvre immédiatement les chemins de fer, l’enseignement primaire obligatoire et le suffrage universel.
Pendant la guerre de 1870 les Savoie ont fait preuve d’un remarquable patriotisme. Elles manifestent en 1914 le même nationalisme que le reste de la France. En 1940 le conflit apport
e sur le territoire les pillages, la terreur et la répression. Le conflit se termine au printemps 1945 en laissant une Savoie en partie détruite et une Haute-Savoie toute fière de s’être libérée toute seule  mais traumatisée par ce qui fut aussi une guerre civile. Suite à cette guerre les « trente glorieuses » voient la reconstruction du territoire et son développement.


Les Savoie ont doublé leur population d’un siècle à l’autre, son enrichissement est certain, mais ce progrès pose aussi ses problèmes : le nord globalement tourné vers Genève a du mal à trouver un équilibre avec le sud, plus uni mais moins riche. Cela entraine pour la province une division évidente qui n’est certes pas récente mais qui gêne l’efficacité des hommes et des institutions. Cette faiblesse est renforcée par la fragmentation du territoire et la difficulté de trouver une capitale tant soit peu centrale. D’autant plus que si un Chablaisien ou un Maurianais sont tous deux savoyard, ils ne le sont pas forcément de la même manière.

Texte d'après les écrits du Professeur Palluel-Guillard

La Savoie existe-t’elle ?

Oui ! Puisqu’on en parle tout le temps même sans l’avoir trouvée, encore faut-il que ses habitants, quels qu’ils soient, aient envi de donner d'elle une image collective, puissante et conforme à l'ingéniosité du territoire.

 

Le but de Choisir Savoie n’est pas de mettre tout le monde d’accord sur une vision unique et globale des Savoie. Ce d’autant plus que le territoire repose sur la diversité de ses populations et de sa géographie. Cette vision peut donc prendre racine sur la réalité objective du tissu économique et des hommes, qui de toute part , consacrent leur énergie et leur créativité à rendre dynamique les Savoie. Il s’agit, ici, face à la remise en question des identités territoriales par les nouveaux territoires administratifs de permettre aux Savoie de franchir ensemble et unies ce nouveau cap. Cette conscience à mettre en oeuvre est plus vaste qu'une excellente connaissance du territoire, elle englobe aussi les émotions et les sentiments et surtout le sentiment de soi au sein des Savoie.

Comment peut-on être savoyard dans le monde d'aujourd'hui ? 

L’avenir des savoyards passe nécessairement par une prise de conscience et une compréhension de leurs origines, pour résoudre les difficultés liées à la division artificielle du territoire. La diversité est enrichissante, la division affaiblit. Il est temps de regarder ensemble vers la même direction : la force d’un territoire situé dans des entités géographiques plus larges (Région, France et Europe) est une nécessité pour son développement harmonieux.
Pour réfléchir avec nous à ces questions, rejoignez-nous.